Donnez vie à vos vacances !

Espace Naturel du Bois de la Barre

Randonnées & promenades à La Ferté-sous-Jouarre

Espace Naturel du Bois de la Barre - Randonnées & promenades à La Ferté-sous-Jouarre
7.9
10

Fiche descriptive

DépartementSeine-et-Marne
Commune de départLa Ferté-sous-Jouarre
Type de baladeRandonnée pédestre
DifficultéFacile
Durée1h30
Période conseilléede janvier à décembre
EnvironnementCampagne
Kilométrage4 km

Accès

Depuis la Place de l'Hôtel de Ville, prendre la rue Michel Fauvet. Au stop, aller en face rue Duburcq Clément. Longer la voie ferrée jusqu'au parking.

Itinéraire

Départ : Entrée sud - Rue Duburcq-Clément. Monter les marches pour arriver face à une pancarte "Sentiers des Meuliers". Tourner à gauche jusqu'au panneau d'explication du "transporteur aérien". Derrière vous, une place où sont exposées des meules monolithes et "à l'anglaise". Poursuivez le chemin jusqu'au panneau "la découverte", sur votre droite, un énorme rocher en pierre meulière. Continuer le sentier jusqu'au "Colorado". Tourner à droite et descendre les marches en bois puis en remontant la boucle du sentier, tourner à droite jusqu'aux explications concernant le thème : "l'eau et la boue". Poursuivez le chemin de terre jusqu'à revoir la pancarte "Sentier des Meuliers". Redescendre jusqu'au parking.

Informations : Chiens admis en laisse - Emportez vos déchets - Camping et feux interdits.

Un milieu naturel fragile en évolution : Le boisement du bois de la Barre est marqué par des peuplements qui ont naturellement colonisé un milieu transformé par l'homme au moment de son exploitation pour la pierre meulière. On retrouve ainsi des espèces arborées communes caractéristiques de ce type d'évolution comme le robinier ou faux acacia, plutôt au nord du bois et quelques espèces moins communes comme le sureau à grappes. Sur le reste du secteur, les peuplements forestiers se diversifient avec la présence marquée du chêne sessile et du chêne pédonculé mais également du frêne, merisier, tilleul, érable, charme, noisetier, et plus occasionnellement du hêtre et du bouleau verruqueux. A proximité du réseau routier, la forte luminosité favorise les espèces arbustives comme l'aubépine, le prunellier, le fusain d'Europe... Le sous-bois totalise 165 espèces végétales. Il offre de belles étendues de plantes printanières : Jacinthe des bois, ficaire, fausse renoncule, anémone des bois... Les zones du coteau calcaire et ouvertes recèlent d'orchis mâle.

Parmi la faune, il est possible d'observer des mammifères comme le chevreuil, le sanglier, la marte... Le blaireau est sans doute le plus discret, mais aussi dans les mares une espèce protégée en France : la salamandre tachetée. Le blaireau vit en clans territoriaux, ses moeurs sont plutôt nocturnes, n'étant pas adapté à la poursuite de proies, il se nourrit de vers de terre, d'insectes, de végétaux voire de petits mammifères. Son empreinte, au talon bien marqué et à cinq doigts, est large et terminée par de longues griffes. Les coulées sont plus larges que celles du renard et ressemblent à de véritables sentiers rayonnant autour du terrier. Celui-ci est utilisé de génération en génération, il est souvent étendu ; ses entrées ou gueules en gouttière, au nombre de 20 à 25, sont reconnaissables au volume des déblais de plusieurs m3 de terre et de cailloux.

La variété écologique du bois, c'est aussi une flore caractéristique des milieux humides : joncs, carex, prèles. Le projet d'aménagement mené par le département a été l'occasion de restaurer un chapelet de petites mares qui peuvent abriter le triton ou la salamandre tachetée. La salamandre tachetée mesure 10 à 20 cm, elle a de grosses glandes à venin, sa peau, noire brillante et tachetée de jaune, sécrète un produit toxique pouvant entraîner de fortes irritations. Elle se rencontre la plupart du temps en forêt, ne nage presque jamais mais a besoin de lieux humides pour déposer ses larves directement dans l'eau, elle est ovovivipare. Les mares sont des milieux fragiles, merci de respecter la quiétude de leurs habitants.

Au coeur du bassin parisien : C'est au XVIIIe siècle qu'apparaît réellement un intérêt pour ce que nous appelons aujourd'hui la géologie. La stratigraphie, science qui s'attache à la description des couches géologiques, est née dans le bassin de Paris avec les travaux de Georges Cuvier et d'Alexandre Brongniart. Jean-Etienne Guettard, médecin botaniste du duc d'Orléans (1715-1780) est le premier à interpréter les puys d'Auvergne comme des volcans éteints et le pionnier de la cartographie minéralogique. La toute première carte géologique connue est sa carte minéralogique où l'on voit la nature et la situation des terrains qui traversent la France et l'Angleterre. En 1758, il présente devant l'académie royale des sciences un mémoire sur la pierre meulière fondé sur ses observations effectuées sur les carrières de Houlbec dans l'Eure et de La Ferté-sous-Jouarre. Il entrevoit le rôle possible de l'altération par les eaux de pluie dans la genèse des meulières. En 1811, publication par Georges Cuvier et Alexandre Brongniart de leur mémoire "essai sur la géographie minéralogique des environs de Paris" qui recense dix "sortes de terrains", représentés sur une carte géognostique. Avec ses plages de couleurs figurant l'affleurement des différents terrains, elle est le prototype des cartes géologiques modernes. Brongniart visite les carrières de La Ferté-sous-Jouarre et en donne une remarquable description. Le bassin de Paris est un des plus grands bassins sédimentaires d'Europe. Dans cette vaste cuvette, cernée par des massifs cristallins, les invasions marines et les épisodes continentaux se sont succédés pendant 220 millions d'années. La vallée de la Marne recoupe une immuable superposition de strates qui illustrent l'ère tertiaire. Il y a 45 millions d'années, la région est occupée par la mer. Le climat est chaud. Des calcaires grossiers se forment au fond d'une mer calme. Puis le dépôt de caillasses annonce une tendance au confinement et les paysages côtiers qui y sont associés. Il y a 42 millions d'années, après une brève émersion, la mer auversienne laisse des sables et grès. Une alternance de phases d'émersion et de faibles récurrences marines s'effectue où le domaine marin est progressivement isolé. Une série de calcaires et marnes laguno-lacustres s'établit. A l'eocène supérieur, une très brève transgression marine est bientôt suivie par la mise en place d'un milieu saumâtre où les conditions évaporitiques favorisent la formation du gypse. Il y a 34 millions d'années, à l'oligocène, le bassin peu profond accueille un nouvel épisode laguno-marin et le dépôt de sédiments argileux. Puis de nouveau s'instaure un régime lacustre où se dépose le calcaire de Brie. Une dernière et importante transgression marine, la mer stampienne, vient clore cette longue série sédimentaire avec le dépôt des sables de Fontainebleau. Depuis 25 millions d'années, la région est devenue continentale. L'érosion provoque le déblaiement des sables stampiens et le dégagement des plateaux de Brie et du Multien. Le paysage actuel se dessine.

La pierre meulière : La pierre meulière est une roche siliceuse à grain fin, celluleuse et caverneuse. Elle ne forme pas de banc continu et n'apparaît qu'en blocs épars au sein d'une formation sablo-argileuse appelée : Argile à meulières. Il s'agit d'une formation géologique superficielle liée à un phénomène d'altération du calcaire. Le processus qui a conduit à sa formation est appelé "meuliérisation". Dès le début du XIXe siècle, la pierre meulière est un important sujet de débat au sein de la toute nouvelle société géologique de France. Les plus grands penseurs de la géologie naissante, Cuvier, Brongniart, Prévot, Dufrenoy et d'Orbigny en décrivent les gisements et recherchent le mécanisme de la genèse : Sources d'eaux chaudes inspirées par les geysers d'Islande, "suintements de silice au fond des eaux", résidu d'un calcaire siliceux... Sont autant de solutions qui s'opposent à l'hypothèse par "altération météorique" initiée par Guettard et reprise par Dolfus en 1885 : "les eaux atmosphériques s'infiltrant dans le calcaire de Brie, le dissolvent lentement, elles migrent et vont déposer, vers les parties basses, la silice dont elles sont chargées". Sur ce principe Gosselet introduit, en 1896, le terme de "meuliérisation". Au cours du XXe siècle, le géomorphologue Cholley associe la meuliérisation à des conditions paléoclimatiques tropicales (1938). Les meulières jalonneraient d'anciennes surfaces d'érosion. Le dernier quart du XXe siècle sera marqué par le rôle fondamental des géologues Grisoni et Menillet. Ce dernier interprète, en 1988, les meulières comme des produits de désilicification et de silicification dans ses karsts et détermine précisément l'âge et les conditions de leur mise en place.

Une alchimie du temps : L'argile à meulière n'existe qu'en couverture des plateaux sans jamais s'intercaler en profondeur dans les couches sédimentaires. On l'observe à la surface des plateaux de Brie, de Beauce ou du Hurepoix en relation avec les calcaires de Brie ou de Beauce. 35 millions d'années : Le calcaire de Brie se forme par sédimentation dans des lagunes et des lacs. 30 millions d'années : La mer stampienne envahit toute la région et dépose une épaisse couche de sable siliceux. 27 millions d'années : La mer stampienne quitte définitivement le bassin de Paris, plusieurs dizaines de mètres de sable recouvre le calcaire. La région devenue continentale est soumise à l'érosion durant 20 millions d'années ; les sables sont lessivés par la pluie et arrachés par le vent, par endroit le calcaire affleure. 2 millions d'années : La surface calcaire est presque totalement mise à nue, un plateau apparaît sur lequel le vent dépose des limons argileux. Le calcaire est à son tour soumis à l'érosion, des dépressions se forment à sa surface, bientôt occupées par un remplissage argilo-sableux résiduel. L'eau de pluie s'infiltre dans ces cuvettes, l'argile sableuse est lessivée, les grains de sable subissent une dissolution. La silice libre (sio2) est transportée par l'eau et va se fixer plus loin dans les vides du calcaire, des masses de roches siliceuses se forment, ce sont des meulières.

Les carrières de la Barre : Depuis l'Antiquité, grès et calcaires siliceux ont été utilisés en Brie pour façonner des meules de moulins. C'est à La Ferté-sous-Jouarre qu'a été remarquée une variété de pierre, alvéolaire et dure, qui se prête à leur confection. Au cours du XVIe siècle, des carrières appelées "meulières" ou "molières" s'y multiplient accompagnées d'ateliers de meuliers. La colline de Tarterel, sur la rive gauche de la Marne, est un des plus importants centres meuliers de La Ferté-sous-Jouarre. Tandis que sur la rive droite, les carrières de la Justice et du bois de la Barre livraient plusieurs qualités de pierre. Une couche dite "grès bâtard" d'intérêt médiocre recouvrait une pierre dure aux veines bleues, plus propice à la fabrication des meules. C'est au début du XIXe siècle que l'activité meulière fertoise s'industrialise, les carrières du bois de la Barre vont prendre de l'essor. On abandonne la fabrication des meules d'un seul bloc, dites "monolithes", pour se tourner vers la production de meules dites "anglaises". Cette innovation introduit une méthode d'assemblage de plusieurs morceaux : Les carreaux, autour d'une seule pièce centrale : Le boitard. En 1837, les entreprises Gaillard, Petit & Halbou, Vieille-Gatelier fondent la société du bois de la Barre.

Des meules au pavillon de banlieue : En 1881, installation au pied de la colline de la Barre de la société générale meulière. Ses vastes ateliers sont près des carrières, entre la voie ferrée et la Marne, un port et une gare y sont annexés. Vers 1900, le commerce des meules de pierre décline. Les carrières de la Barre connaissent une ultime reconversion grâce à l'extraction de pierre destinée à la construction. C'est l'époque de l'expansion de la banlieue de Paris et de ses pavillons "en meulière". Mais une autre utilisation est moins visible : Ce sont les ouvrages du nouveau métro parisien ! Les moellons de meulière sont convoyés depuis les carrières jusqu'au bord de la Marne grâce à un ingénieux transporteur aérien, sorte de téléphérique. De là, des barges transportent la pierre jusqu'à la capitale.

L'industrie meulière fertoise : Après la révolution de 1789, la législation égalitaire encourage les artisans à fonder des sociétés. De nombreux meuliers se regroupent pour exploiter les carrières. En 1853, on dénombre à La Ferté-sous-Jouarre 23 entreprises employant 1381 ouvriers. La plus importante, la firme Gueuvin-Bouchon, compte à elle seule 500 à 600 ouvriers. La production annuelle atteint 1000 à 1200 meules et de 80 à 100 000 carreaux. La firme Roger, quant à elle, fabrique 600 meules par an grâce au travail de plus de 300 ouvriers. Les meules de La Ferté-sous-Jouarre jouissent d'une solide réputation. Elles sont exportées dans toute l'Europe, mais aussi en Amérique, en Australie... Vers 1860, de grands moulins industriels apparaissent. Très modernes, ils n'utilisent plus les antiques meules en pierre mais un nouveau système de mouture doté de cylindre de porcelaine. De nombreuses petites minoteries, frappées durement par cette concurrence, ferment. Le commerce des meules de pierre s'effondre lentement mais inexorablement. En 1880, un vent de panique souffle sur La Ferté-sous-Jouarre, c'est la fin d'une rente de situation pour les industriels fertois. En 1881, de la crise va naître la société générale meulière. Neuf sociétés y fusionnent dont les plus importants sont Roger & fils et la société du bois de la Barre. En 1910, une longue grève, bientôt suivie de la "grande guerre", ébranle ce pilier de l'industrie meulière. Après la libération, dans un climat de concurrence difficile, la S.G.M. tente sa modernisation, elle fabrique des appareils sophistiqués destinés à l'agriculture et à la minoterie. Malgré ces efforts, elle ne se relève pas de la Deuxième Guerre mondiale.

Au pays des "mains bleues" : Lors du travail de la pierre, des éclats de silex ou de métal de pigette (la pioche du carrier) se logeaient sous la peau qui prenait une couleur bleue ce qui lui donna le surnom "d'hommes aux visages et aux mains bleus". La poussière fine produite par la taille des "carreaux" pénètre les poumons des meuliers. La tuberculose et la silicose cause une forte mortalité. C'est pour tenter de s'en préserver que les ateliers sont installés sous des appentis bien aérés. La S.G.M., tout en maintenant la production des meules traditionnelles, tente de s'adapter aux exigences de la nouvelle industrie minotière. De ses ateliers sortent des broyeurs à cylindres, des cribleuses, des nettoyeurs... Les industries fertoises ne cesseront cependant pas de promouvoir la pierre meulière. La S.G.M. et la compagnie Gueuvin-Bouchon-Dupety-Orsel recherchent de nouveaux gisements : Elles exploitent des carrières et ouvrent des succursales à Epernon, dans l'Eure.

A la decouverte du bois de la Barre : La Marne a entaillé le plateau sédimentaire de la Brie, laissant apparaître sur les contreforts de la vallée, un ensemble de formations géologiques. L'une d'entre elles, l'argile à meulière, recouvre les plateaux et les pentes. La pierre meulière a été exploitée depuis l'antiquité, artisanalement puis industriellement pour prendre son plein essor au XIXe siècle. Cette exploitation a fait la richesse de La Ferté-sous-Jouarre grâce à la qualité de ses pierres destinées notamment à la fabrication de meules de moulins. L'exploitation terminée, la nature a repris ses droits. C'est donc dans cet environnement que le conseil général de Seine-et-Marne vous invite à interpréter les vestiges de ce patrimoine industriel fertois en vous proposant un parcours pédagogique.

Office de Tourisme de La Ferté-Sous-Jouarre a contribué à la balade à La Ferté-sous-Jouarre présentée sur cette page. Si vous connaissez cet itinéraire, vous pouvez vous aussi ajouter des informations pratiques ou culturelles, des photos en cliquant sur Modifier
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des offres adaptées.
En savoir plus et paramétrer