Le pays de Saint-Germain-l'Herm a une certaine unité : à la fois par son altitude relativement élevée, entre 800 et 1200 mètres, son climat aux hivers longs, très enneigés, ses paysages d'herbe et de bois sombres ou dominent les résineux (sapins ou épicéas). Etendu sur un bon tiers du Livradois, il laisse les dépressions de Saint-Amant, Cunlhat et Saint-Dier au nord ainsi que la bordure orientale de ce massif qui tombe rapidement sur le fossé d'Ambert et les pentes plus douces qui descendent à l'ouest vers le bassin de l'Allier. La partie centrale forme un vaste plateau bosselé à l'altitude moyenne de 1000 mètres, incliné dans les trois directions : Est, sud, ouest, qui en font un centre de dispersion des eaux : Dolore, Dore, Doulon, ruisseaux de Châteauneuf et du Lastroux. De nombreux étangs subsistent, tels ceux de la Colombière, la Fargette, le Pin, Marchaud (aménagé en plan d'eau pour loisirs). Le sol granitique (granite, granulite, sables, quartz et améthystes) n'est guère favorable aux cultures, de plus en plus abandonnées au profit d'un reboisement si étendu qu'aux environs de Saint-Germain le pays semble être devenu une immense forêt.
Origine du nom : Saint-Germain doit son nom à un saint évêque d'Auxerre au Ve siècle, Herm signifie lieu désert. Sous la révolution Saint-Germain porta le nom de Germain-la-Montagne. Les habitants sont les saint-germinois.
Au milieu du plateau du Livradois, Saint-Germain en est le chef-lieu de canton le plus élevé. Son bourg apparaît dans une vaste clairière entre la forêt domaniale au sud et les bois de Pommerel et de Saulzet au nord ; il s'étage en face du bois du Fraisse, à l'est, depuis le pont du Doulon jusqu'au col que franchit la route allant à Issoire, à 32 kilomètres, Ambert étant à 25 kilomètres.
Dans les environs on aurait signalé au XIXe siècle des traces de monuments celtiques.
Au XIe siècle, les bénédictins de La Chaise-Dieu fondèrent un prieuré à Saint-Germain.
Son prieur nommait aux cures de Saint-Germain, Saint-Martin-des-Ollières. Il possédaient les domaines du Pin et de Marchaud (paroisse de Saint-Bonnet-le-Bourg) ainsi qu'une réserve forestière évaluée à 274 arpents (environ 140 hectares).
Du Moyen Age au XVIIe siècle : Saint-Germain était au carrefour de plusieurs chemins : De la Chaise-Dieu à Issoire, d'Ambert à Nonette, du Puy à Billom. Très tôt les moines créèrent un marché hebdomadaire et une foire le 19 octobre ; au XVIe siècle Louis XII en fonda deux autres en juin et septembre. On y percevait les droits de leyde, de "corretage" (droit sur les ventes) et des "taules" (droit de place). En 1683 ces droits étaient affermés pour 210 livres à trois receveurs ; les consuls en remettaient 100 que la ville devait aux religieuses d'Ambert et employaient le reste à l'entretient de l'horloge et de la fontaine. Les marchands formaient une association dont la fête se célébrait le jour de Notre-Dame de février.
Le bourg ainsi que le prieuré et l'église furent fortifiés ; de ces fortifications renforcées au XIVe siècle seules restent deux tours, une à l'angle nord de l'église, l'autre à l'emplacement de l'ancien prieuré. Saint-Germain conserve plusieurs maisons anciennes à étages en encorbellement avec quelques sculptures, à un angle de rue, dans une niche se trouve une statue de la vierge (MH 1961).
Au XVIe siècle le protestantisme eut des adeptes ; on voit un certain Gerfaud, de Saint-Germain, parmi les dix signataires d'une lettre adressée aux "messieurs de Genève" pour obtenir l'envoi d'un prédicateur. Comme partout à la fin du XVIIe, Saint-Germain-l'Herm connut une grande misère.
Le XVIIIe siècle : Dans un pays au sol peu fertile le blé était inconnu et le seigle lui-même ne donnait que de faibles rendements, un des plus faibles d'Auvergne. Une ressource importante était l'exportation des forêts, les plus beaux arbres étaient destinés à servir de mâts pour la marine royale, les autres servaient à la construction des "sapinières", bateaux plats descendant l'Allier. Le grand problème restait celui du transport jusqu'à l'Allier à Nonette ou à Parentignat.
La révolution : elle ne connut pas d'événements graves. Comme dans tout le canton aucun volontaire ne répondit à l'appel de juillet 1791 pour former le premier bataillon de volontaires, c'est ce que déclare le maire, l'abbé Roussel.
D'un exceptionnel intérêt archéologique cet édifice est le résultat de campagnes de construction qui s'échelonnent du XIe à la deuxième moitié du XIXe siècle.
Au premier art roman se rattachent les deux premières travées voûtées en berceau brisé sur doubleaux avec arcs de raidissement latéraux reçus sur pilastres à imposte. Les deux travées suivantes leur sont postérieures d'un demi-siècle ; la troisième s'ouvre au sud sur une chapelle du XVe siècle voûtés d'ogives, au nord sur une chapelle couverte d'un berceau transversal du XVe siècle ou XVIIe siècle ; la quatrième est flanquée de collatéraux inégaux en demi-berceau. Le carré du transept cantonné par des piles massives et irrégulières est couvert d'une coupole sur trompes avec consoles prismatiques curieusement décorées d'un bouton. Ses bras saillants sont voûtés d'un berceau en plein cintre et chacun ouvre à l'est sur une absidiole semi-circulaire coiffée d'un cul-de-four. Construit par Jacques de Saint-Nectaire, dernier abbé régulier de La Chaise-Dieu, le choeur comprend deux travées rectangulaires inégales voûtées d'ogives avec formerets et liernes (les clefs sont timbrées aux armes du prélat constructeur) suivies d'une abside à pans coupés éclairée par une fenêtre tréflée.
La façade occidentale avec ses rangées de corbeaux et le clocher sont modernes. Les toitures ont été surélevées dans un but défensif, quelques éléments de corniche romane conservés dans la maçonnerie indiquent leur niveau primitif.
Les chapiteaux des colonnes engagées du transept offrent un décor original : bestiaire fantastique composé de monstres à deux corps, aigles bicéphales, lièvre entre deux oiseaux à queue de sirène, mais aussi un personnage aux bras en croix entouré de deux fauves où l'on a voulu voir une représentation de Daniel dans la fosse aux lions. Gravée sur la pile nord-est du carré du transept une inscription donne la date de l'achèvement des travaux de l'époque romane.
Le mobilier est important : plat de quête orné en son centre de la scène de Saint Georges terrassant le dragon, en cuivre étamé du XVIe siècle(M.H.1972), croix de procession en bois sculpté peint et doré (M.H.1972), saint Germain convertissant un chasseur libertin d'Issoire, panneau en bois peint du XVIIIe siècle (Inv. M.H.1973), grand christ en croix, en bois peint du XVIIIe siècle ( Inv. M.H.1981), statues en bois peint et doré d'une vierge de Pitié vénérée sous le nom de Notre-Dame des neiges et de la Sainte-Trinité, boiserie des XVIIe et XVIIIe siècles dans la tribune, la nef et la sacristie, et chapiteau roman creusé pour servir de bénitier.
Les cloches sont de 1546, 1624, 1836 (de J.Martin) et de 1867 (de Burnichon).
Dans une rue étroite voisine de l'église, se lit une inscription gravée sous trois têtes sculptées, d'où le nom de "rue des trois têtes".
La Pierre des Prades :
Mégalithe classé, c'est un menhir au bord d'un chemin, à la sortie du village. De profil, le menhir fait penser à une femme enceinte et c'est pour cette raison que le mégalithe devint symbole de la fécondité. Les femmes venaient s'y frotter le ventre pour être plus féconde.
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