Aspect du paysage : Au coeur de la Chalosse (région des Landes), la commune de Caupenne s'étend du nord au sud longeant le Louts (affluent de l'Adour). La vallée englobe le bourg (altitude 53 m) avec sa belle église et son château. En partant vers l'ouest très vite vous prendrez de la hauteur, ici le paysage est vallonné et vous offre d'intéressants points de vues.
La vie : Commune rurale, il se cultive essentiellement du maïs, un peu de blé, de la vigne aussi, mais la majeure partie de l'activité agricole est axée sur le gavage du canard produisant foie-gras, magrets et confits, également un peu d'ovins. On compte une quinzaine d'artisans et commerçants, ainsi qu'une école faisant partie d'un regroupement scolaire.
Les monuments : Caupenne est un village situé à égale distance (9 km) de Montfort-en-Chalosse, Pomarez, dans le canton de Mugron, où de superbes monuments du Moyen-Âge sont disséminés dans la commune.
L'église du bourg, fin du XIe siècle, révèle son chevet, dernier vestige de l'époque romane : en son intérieur, de remarquables boiseries y compris dans sa sacristie, un décor riche en peintures décoratives ou figurées, un monumental lustre en bois et le maître-hôtel en marbre blanc attribué aux frères Mazetti. Tous ces éléments datent du XVIIIe siècle. Inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques son histoire est étroitement liée à celle du château, son voisin.
Au centre du village, le château du XVIIe siècle : la haute grille du parc s'ouvre sur une allée pavée. L'entrée principale est surmontée d'un fronton. Deux pavillons bordent le bâtiment central. La propriété s'étend sur six hectares. Construit aux alentours de 1615, le château est exploité par la famille De Cés-Caupenne. Cette famille joua un rôle important dans l'histoire de France.
Au Sud-ouest de la bourgade, sur les coteaux, la chapelle romane Saint Laurent du début du XIe siècle occupe l'extrémité d'un éperon rocheux d'où elle domine un vaste paysage vallonné avec en toile de fond les majestueuses Pyrénées. D'architecture sobre mais bien équilibrée, elle abrite un intéressant retable classé. D'origine médiévale, cette église a été modifiée et agrandie au cours des siècles, elle possède un intérêt artistique et reste le témoin d'un riche passé de la religion chrétienne des campagnes rurales.
Inscrite à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments historiques le 23 septembre 1970.
Visite libre (demander la clef à Mr. Lacaule, maison près de l'église) ou visite guidée (sur rendez-vous au 05 58 98 63 97).
Cette église Saint-Martin est désignée vers le milieu du XIIe siècle dans le Livre rouge de la cathédrale de Dax sous le nom de Sanctus Martinus de Gueites. Un peu plus tard, un acte des Rôles gascons de l'administration anglaise indique que c'est dans cette paroisse qu'est situé un castrum du roi, dont un autre acte précise qu'il porte le nom de Caupenna. Par la suite, le château élevé sur ce castrum, à quelque 500 m au sud de l'église, sera détenu par une famille qui en prendra le nom, et dont de nombreux documents attesteront l'influence dans la région au cours des siècles ultérieurs. Le même nom sera plus tard donné à l'église.
De l'église mentionnée dans le Livre rouge ne subsiste plus aujourd'hui qu'un chevet roman au parti aussi rigoureux qu'harmonieux. A l'extérieur de ce chevet, que l'on peut attribuer au deuxième quart du XIIe siècle, le décor, rythmé par des contreforts, des bandeaux et la corniche supérieure, concerne tout d'abord les fenêtres, de simples fentes étroites qui s'ouvrent dans une arcade cantonnée de colonnettes ; au-dessus des chapiteaux de ces colonnettes, les tailloirs prolongent le motif d'un bandeau qui ceint tout le pourtour. Au sommet du mur, des modillons soutiennent une corniche. Tous ces éléments sont malheureusement, comme l'appareil des murs, faits d'une pierre friable que l'on retrouve dans bien des édifices des environs. Certains sont donc très dégradés, mais quelques modillons mieux conservés que l'on peut encore voir dans les combles de la sacristie permettent d'apprécier la finesse et la qualité de cette sculpture.
A l'intérieur, l'application d'un décor moderne a fait disparaître beaucoup d'éléments du parti originel. Seuls subsistent le cul-de-four et le berceau du choeur, ainsi que les deux chapiteaux à feuillages, aujourd'hui dissimulés derrière le retable, qui encadrent la fenêtre d'axe. Les thèmes traités sur toutes ces oeuvres sont intéressants : les chapiteaux portent des feuilles lisses ornées, comme à Saint-Sever, de boules à leur extrémité, ou le vieux thème paléochrétien des oiseaux picorant une grappe - remplacée ici par un simple fruit de forme allongée - pour symboliser l'Eucharistie ; des rinceaux de palmettes courent sur les tailloirs et les frises ; les modillons sont simplement décorés de billettes, de rouleaux, de feuilles à boules, mais aussi de lions couchés, d'aigles, et même d'exhibitionnistes, des thèmes fréquents dans la première moitié du XIIe siècle de part et d'autre des Pyrénées. Assez tôt sans doute dans le XIVe siècle, la nef, qui n'était encore que charpentée, a été prolongée par une tour puissante, avec ses contreforts reliés par des arcades sur le mur ouest, ses étages, ses archères. Au siècle suivant, la guerre de Cent Ans étant terminée, l'augmentation de la population qui s'en est suivie a contraint à agrandir l'édifice par la construction de collatéraux, dans les murs desquels on a remployé de nombreuses pierres portant des marques de tâcherons et provenant des gouttereaux de la nef, démolis en vue de ces travaux. Des différences de dimensions des fenêtres et de forme des remplages, mais également de profil des arcs révèlent que la construction des collatéraux s'est prolongée du XVe au XVIe siècle. Par la suite, la nef a été à son tour couverte d'une voûte d'ogives avant d'être prolongée de toute la longueur du rez-de-chaussée de la tour par l'ouverture d'un grand arc dans son mur occidental.
Au XVIIe siècle enfin, un petit porche a été accolé au nord de la tour. Il abrite une porte classique, et une inscription latine très décorative réservée en relief sur le mur du collatéral, y invoque la prière de "sainte Marie, saint Martin, saint Jean Baptiste, saint Michel, saint Roch".
Tout l'intérieur a été couvert en 1875 de peintures décoratives ou figurées qui ont fait en 2003 l'objet d'une restauration très attentive. Sur le mur nord du choeur, trois arcades entourent au centre le Christ assis sur un trône d'or et bénissant de la main droite, à droite l'évangéliste saint Luc, à gauche saint Jean. Sur le mur sud, de part et d'autre d'une fenêtre, on reconnaît, également sous des arcades, saint Matthieu et saint Luc.
Le mobilier : A l'intérêt de l'édifice lui-même s'ajoute celui d'un mobilier de grande qualité. La sculpture du linteau et des pilastres du portail d'entrée, la porte elle-même, celle du clocher et l'ensemble des boiseries ne sont pas sans évoquer la décoration caractéristique des châteaux et autres belles demeures de cette région de la Chalosse. Les boiseries, composées de panneaux droits ou galbés avec un simple décor d'applique, recouvrent aussi bien les murs de la nef que du choeur et elles intègrent aussi les confessionnaux. Les murs de la sacristie sont également recouverts de lambris et de boiseries. Les portes des meubles aux moulures d'inspiration Louis XV sont ornées de motifs floraux et végétaux. Il semble que, comme celles de l'église, ces boiseries datent du début du XIXe siècle, époque où l'abbé Farthouat, appelé aussi le Père de Caupenne, menait dans la paroisse son oeuvre de missionnaire qui s'est prolongée pendant toute la première moitié du XIXe siècle.
C'est au siècle précédent, vers 1770, qu'a été réalisé le maître-autel de marbre, oeuvre des frères Mazzetti, sculpteurs d'origine suisse, qui ont travaillé vers la même époque dans la paroisse voisine de Laurède. Le maître-autel de Caupenne et celui de Laurède ont un décor tout à fait comparable, même si leur tabernacle est différent. On peut se demander si les Mazzetti sont venus à Caupenne à la demande du curé de l'époque, ou à l'instigation de la famille de Cés-Caupenne qui occupait le château tout proche.
Le retable qui surmonte le maître-autel est en bois et comprend trois compartiments délimités par des colonnes en partie cannelées, en partie décorées de motifs végétaux. Les statues de saint Pierre et de saint Paul encadrent la toile centrale qui représente une Crucifixion, avec la Vierge à la droite du Christ et le saint patron de l'église, saint Martin, à sa gauche. Les soubassements de bois sont peints en faux marbre.
L'autel de la Vierge, dans le collatéral sud, est surmonté d'un retable composé d'une toile centrale qui représente l'Institution du Rosaire (Vierge à l'Enfant et saint Dominique), entourée de chaque côté par une colonne torse sur la majeure partie de sa longueur. Le retable se termine latéralement par une longue volute.
Plus naïfs, plus récents (XIXe siècle), mais non sans intérêt sont l'autel et le retable du collatéral nord, dédiés à saint Jean-Baptiste, saint Michel et saint Roch dont le nom est gravé sur le mur est du porche d'entrée. L'autel galbé et le tabernacle aux ailes encore très décorées s'accompagnent de trois toiles représentant les trois saints patrons et séparées par des pilastres à l'antique. Dans la nef, on admirera aussi l'immense et magnifique lustre en bois du XVIIIe siècle, qui aurait été fabriqué pour le théâtre de Bayonne. Aux branches de ce lustre sont suspendus tous les fruits du pays - cerises, poires, pommes, pêches, raisins - ainsi que certains grains que l'on pouvait y cultiver - le maïs en particulier.
Église Saint-Laurent :
Inscrite à l'Inventaire Supplémentaires des Monuments historiques.
Visite durant les journées du patrimoine (début septembre).
L'église Saint-Laurent, mentionnée au XIIe siècle dans le Livre rouge de la cathédrale de Dax sous le nom de Sanctus Laurentius de Guarriges, s'élève sur le rebord d'un coteau à quelques 2,5 km au sud-ouest de l'église Saint-Martin. Elle ne comportait à l'origine qu'une petite nef prolongée par un chevet en hémicycle de même largeur, mais, au XVIIIe siècle, elle a été flanquée d'un étroit collatéral sur son flanc nord, et couronnée à son extrémité occidentale d'un clocher de colombage qui dépasse à peine la toiture.
Le chevet principal est construit en un moyen appareil de grandes dimensions, taillé dans un grès de couleur sombre de bonne qualité, et qui se prolonge au sud sur une partie de la nef, entre deux contreforts. Au-delà du second contrefort, le mur est fait de petits moellons noyés dans un bain de mortier. Au nord, le chevet droit du collatéral présente un appareil identique à celui de l'abside et disposé pour une partie en assises concordantes : ces similitudes s'expliquent sans doute par le remploi d'éléments provenant du mur démoli lors de l'agrandissement.
L'examen du chevet montre qu'il n'a jamais existé de fenêtre d'axe. En revanche, on observe dans le mur sud un ensemble complexe de percements : les plus anciens, qui sont situés le plus bas, sont très étroits et comportent des piédroits en moyen appareil et un linteau échancré en arc brisé ; au-dessus, d'autres fenêtres également étroites et encadrées d'un appareil régulier ont un linteau non échancré ; enfin, on a construit, au XVIIe siècle sans doute, deux hautes fenêtres géminées dans un appareil de calcaire blanc qui n'apparaît pas ailleurs dans l'édifice. Les traces d'une litre funéraire subsistent sur tout le pourtour de l'édifice.
À l'intérieur, les deux nefs sont séparées par deux piles carrées assez volumineuses et par une troisième, plus réduite, qui soutient une tribune occidentale élevée sur toute la largeur de l'édifice. Le vaisseau principal est couvert d'un plafond de bois en anse de panier, le collatéral d'un plafond plat disposé obliquement.
L'examen du chevet montre qu'il n'a jamais existé de fenêtre d'axe. En revanche, on observe dans le mur sud un ensemble complexe de percements : les plus anciens, qui sont situés le plus bas, sont très étroits et comportent des piédroits en moyen appareil et un linteau échancré en arc brisé ; au-dessus, d'autres fenêtres également étroites et encadrées d'un appareil régulier ont un linteau non échancré ; enfin, on a construit, au XVIIe siècle sans doute, deux hautes fenêtres géminées dans un appareil de calcaire blanc qui n'apparaît pas ailleurs dans l'édifice. Les traces d'une litre funéraire subsistent sur tout le pourtour de l'édifice.
À l'intérieur, les deux nefs sont séparées par deux piles carrés assez volumineuses et par une troisième, plus réduite, qui soutient une tribune occidentale élevée sur toute la largeur de l'édifice. Le vaisseau principal est couvert d'un plafond de bois en anse de panier, le collatéral d'un plafond plat disposé obliquement.
L'armoire eucharistique est encadrée par deux ailes et surmontée d'un baldaquin ; sa porte est ornée d'un crucifix, ses angles sont soulignés par deux colonnes torses, ses côtés évasés portent les statuettes de saint Pierre dont les clés ont disparu et de saint Paul tenant un livre.
Les ailes, elles aussi encadrées par des colonnettes, offrent au centre les statuettes de deux diacres ; aux extrémités, deux volutes s'enroulent autour de belles roses. Toutes les colonnettes sont couronnées de beaux chapiteaux corinthiens.
Le baldaquin, entouré d'une balustrade et accosté de volutes, abrite une Vierge tenant l'Enfant Jésus. Il est surmonté d'une boule côtelée portant un Christ ressuscité seulement vêtu d'un pan du suaire qui retombe derrière lui.
Le retable comporte trois volets encadrés par des pilastres cannelés et des volutes d'acanthes, et séparés par des colonnes torses ornées de pampres.
Au centre, un grand tableau représente la Crucifixion : à la droite du Christ, on voit à droite la Vierge soutenue par saint Jean, à gauche saint Laurent. Sur les deux ailes, des niches abritent les statues de deux diacres, Laurent, tenant le gril de son martyre, et sans doute le protomartyr Etienne ou Vincent de Saragosse.
Les deux ailes sont surmontées de compositions de fleurs et de trophées, le panneau central d'un médaillon portant la colombe du Saint Esprit dans une gloire, encadrée par de grandes feuilles d'acanthe et surmontée d'une corbeille de fleurs.
Le choeur est délimité par une barrière de communion de bois aux barreaux tournés. A côté de la sacristie, un siège de célébrant au haut dossier est encadré par des sièges d'acolytes plus bas, le tout de facture assez rustique. Sur le plafond est peint le triangle de la Trinité entouré d'une grande gloire ; sur le pourtour, des demi-cercles portent divers décors, dont deux représentent l'église et les maisons d'un petit village.
Dans le collatéral, l'autel dédié à saint Laurent comporte une cuve de forme trapézoïdale décorée en faux marbre, un tabernacle en bois doré assez simple encadré par deux ailes étroites et par quatre grands chandeliers, et un tableau représentant le saint patron en dalmatique, sur un fond de paysage, les yeux tournés vers le ciel qui s'ouvre sur Dieu le Père, le Christ tenant la croix et la Vierge, venus pour l'accueillir dans la gloire.
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